Demeurez en santé grâce au yi chuan
Très peu connu au Québec, le yi chuan est un art martial et un art de santé qui a été inventé par le maître chinois Wang Xiang Zhai, au début du XXe siècle. Yi chuan pourrait se traduire par « la boxe de l'esprit, de l'intention et des idées ». Si vous entendez parler de da cheng chuan, c'est simplement une autre façon de nommer cet art martial, qui signifie « la boxe du grand accomplissement ».
À qui s'adresse le yi chuan ?
Il peut être pratiqué par toutes les personnes qui veulent améliorer leur état de santé ou le maintenir, ainsi que par ceux qui souhaitent pratiquer un art de combat. Cet art martial est particulièrement apprécié par les personnes qui font du tai-chi ou d'autres sports et qui veulent améliorer leur technique. Le professeur de yi chuan Philippe Munn, qui est un des initiateurs du regroupement Da cheng chuan Canada, a d'abord commencé par faire du karaté et du tai-chi. « Quand j'ai découvert le yi chuan, je me suis dit que c'était l'essentiel qui manquait à ma pratique. C'est la base du mouvement et c'est une pratique qui nous accompagne toute une vie. » Contrairement au tai-chi, cet art ne comprend pas d'enchaînements de mouvements. Jean-Pierre Charbonneau, qui est lui aussi l'un des fondateurs de Da cheng chuan Canada, affirme que cette approche permet de perfectionner une série d'enseignements que l'on retrouvait dans le tai-chi-chuan ancien. Le yi chuan peut convenir aux adultes de tous âges, car les postures peuvent être adaptées aux limitations physiques. Elles se pratiquent en position debout, assise ou couchée. En quoi consiste cette pratique ? Cet art martial comporte sept étapes. Si vous suivez des cours, vous explorerez d'abord le travail postural. « C'est un travail énergétique interne, qui permet de trouver la meilleure posture du corps », mentionne M. Munn. Cette étape permet de bien relier ensemble les différentes parties du corps pour qu'elles fonctionnent le plus efficacement possible et forment un tout. Vous devrez apprendre à rester immobile dans différentes postures. Il en existe une trentaine. Vous pourrez ensuite faire l'essai de la force en faisant des mouvements lents qui consistent à tirer ou à pousser. Puis, vous apprendrez à vous déplacer en faisant bouger ensemble toutes les parties de votre corps pour accomplir des mouvements lents. « Si l'on a bien travaillé dans l'immobilité, les mouvements sont plus fluides, plus souples, plus solides, plus équilibrés et plus stables », explique M. Charbonneau. C'est ensuite le temps de travailler l'explosion de la force. Le but est de vérifier si vous êtes capable de faire exploser la force avec des mouvements rapides. L'étape suivante consiste à faire l'essai du son. Vous travaillerez votre respiration avec six sons différents tout en intégrant les parties de votre corps en mouvement. Vous commencerez à travailler avec un partenaire lorsque vous explorerez la poussée des mains. « On se demande si l'on est capable de suivre le mouvement du partenaire et si l'on peut prendre l'initiative sur lui, précise Philippe Munn. Ça nous permet de vérifier si l'alignement du corps est correct et de mettre en pratique tout ce que l'on a appris avant. » La dernière étape s'adresse seulement à ceux qui veulent pratiquer le combat et consiste à tenter de gagner un combat libre. Cette partie du yi chuan se pratique occasionnellement avec des armes telles qu'un bâton long ou un sabre. Dans quel but fait-on du yi chuan ? Claude Georges, qui a également pris part à la fondation de Da cheng chuan Canada, affirme que le yi chuan se compare à la méditation et apporte des bénéfices similaires. Le fait de demeurer immobile permet d'être attentif à tout ce qui se déroule à l'intérieur et à l'extérieur du corps. Il est donc plus facile de percevoir les tensions, de les identifier et de diriger les mouvements pour les éliminer. Cet art favorise une dissolution progressive du stress et de ses séquelles. Si vous le pratiquez fréquemment, vous apprendrez à mieux réagir face aux tensions de la vie. Selon M. Munn, l'essentiel dans le yi chuan, c'est le contrôle de l'esprit dans les différentes postures. « Dès que l'on entre dans une posture, on se dirige vers le travail interne, l'aspect méditatif, pour contrôler le corps à l'aide de l'esprit. » M. Charbonneau ajoute que cela permet d'obtenir un corps qui respire mieux, où les tensions corporelles et énergétiques sont relâchées. « On obtient un corps plus détendu, capable de réagir avec fluidité et rapidité dans des situations de danger. » À quelle fréquence doit-on pratiquer ? Idéalement, le but serait d'en faire une pratique quotidienne. Les participants suivent deux ou trois cours d'une heure trente par semaine et continuent leur pratique à la maison. Où peut-on suivre des cours ? Philippe Munn est l'un des seuls au Québec à offrir des cours de cet art martial. Toutefois, plusieurs professeurs de tai-chi et d'autres arts martiaux, tels que Jean-Pierre Charbonneau et Claude Georges, intègrent le travail postural du yi chuan à l'intérieur de leurs cours. Le coût varie entre 200 $ et 300 $ pour trois mois de cours. Les bienfaits de cet art Le yi chuan peut vous procurer plusieurs bienfaits. En voici quelques-uns : Meilleur contrôle de votre corps, de vos réflexes et de votre esprit Renforcement musculaire Meilleure posture Assouplissement de votre corps Augmentation de vos capacités immunitaires Meilleure respiration Meilleur équilibre Perte de poids Meilleure gestion du stress et réduction des tensions dans votre corps Meilleure autorégulation des différentes fonctions organiques et mentales Réorganisation du système neuromusculaire Équilibre d'action entre les deux hémisphères du cerveau Stimulation du système endocrinien Témoignage « Je fais du yi chuan entre 20 et 40 minutes, quatre ou cinq fois par semaine, mais cinq minutes ou une heure, c'est aussi bien. Je crois que l'important, c'est de l'intégrer dans ses habitudes de vie. Le yi chuan permet d'harmoniser le corps et l'esprit et de les renforcer. J'ai ressenti très rapidement les changements positifs qu'il a opérés sur ma santé et l'énergie qui en a découlé. J'ai une plus grande conscience de mon corps et de ses besoins. Ses effets sur l'anxiété sont remarquables : c'est un véritable antidépresseur. Pour moi, le yi chuan est presque une panacée parce que, dès que je me suis engagée à le pratiquer, j'ai pris conscience qu'il me revenait de prendre en main ma vie et ma santé, et ce, sans nécessairement avoir à y mettre toujours beaucoup d'efforts. Après cela, on ne peut plus revenir en arrière. » – Marcelle Boisvert, 52 ans. PAR ANDRÉANNE BRAULT |