De l'air pur entre quatre murs!
Le 30 avril 2008 - 16:06
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| Air pur... |
PAR ANNE GENEST
C'est dans l'air du temps. On s'inquiète… La respiration, cette fonction vitale qui nous apporte oxygène et bien-être, peut aussi nuire à notre santé. Il suffit de quelques pas dans la ville pour nous mettre en contact avec le monoxyde de carbone, l'ozone et autres particules provenant des rejets industriels. En fermant la porte, nous pensons trouver refuge, mais nos maisons hébergent aussi de nombreux gaz, poussières et composés organiques volatils (COV) tout aussi toxiques pour les voies respiratoires. D'après l'agence américaine pour la protection de l'environnement (EPA), l'air intérieur est de deux à trois fois plus pollué que l'air extérieur. Heureusement, nous n'avons pas à nous enfermer dans une bulle de verre pour respirer plus sainement. Voici comment faire de votre cocon un espace sans pollution (ou presque).
L'air bête
Nous passons en moyenne 90 % de notre temps à l'intérieur. Loin d'être pur, l'air ambiant ressemble à un cocktail chimique dans lequel nous baignons sans trop nous en apercevoir. " Dans certains cas, l'air de nos maisons est une centaine de fois plus pollué qu'à l'extérieur ", soutient Élizabeth Smith, coordonnatrice du programme sur l'environnement à l'Association pulmonaire du Nouveau-Brunswick.
La fumée de cigarette est un des principaux émetteurs de gaz toxiques et de métaux lourds. Elle contient à elle seule 4 000 produits chimiques, dont les deux tiers ne sont pas inhalés et se mêlent à l'air ambiant, rapporte l'Association pulmonaire du Canada. Nos maisons emprisonnent de nombreux polluants utilisés au quotidien. Produits de nettoyage, plastiques, peintures, colles et vernis, désodorisants et cosmétiques affectent nos voies respiratoires.
Plusieurs matériaux synthétiques, utilisés en décoration et en construction, et certains isolants et meubles émettent des COV. Les vêtements envoyés chez le nettoyeur dégagent aussi des vapeurs toxiques. D'après Santé Canada, ces particules chimiques, une fois combinées, peuvent créer des risques pour la santé. L'auteure de Maisons toxiques et chercheuse en biochimie de l'INRA, Lionelle Nugon-Baudon, pense qu'à long terme, ces substances volatiles peuvent nuire au système nerveux, causer des cancers et des malformations fœtales. À ces polluants s'ajoutent les divers allergènes : pollens, acariens et poils d'animaux.
Bonjour le naturel !
Pour respirer sans avoir l'impression de s'intoxiquer, débarrassez-vous des divers poisons qui vous environnent. Vérifiez les articles que vous rapportez à la maison en préférant les matières naturelles. Le bois massif est un meilleur choix que le bois aggloméré. Choisissez les revêtements sans colle, les produits d'entretien biologiques. Surveillez les étiquettes ! Dans le doute, si un produit semble contenir des substances chimiques, vous pouvez consulter la fiche technique sur la sécurité des substances (FTSS) fournie par le fabricant. La Société canadienne d'hypothèques et de logement propose de l'information à cet effet (www.cmhc.ca). " On peut commencer par des gestes aussi simples que d'utiliser du vinaigre et du bicarbonate de soude pour faire le ménage ", suggère Elizabeth Smith.
Mauvaises odeurs !
D'après l'Association pulmonaire, les chandelles parfumées artificiellement et les désodorisants ambiants ne sont pas recommandables. Pour créer une seule fragrance, plus de 200 substances chimiques peuvent être utilisées. Ces " chasseurs d'odeurs " contiennent généralement des composés synthétiques dérivés du pétrole, comme le benzène et le phthalate de diéthyle (DEP) , pouvant causer des réactions allergiques cutanées et affecter les organes reproducteurs.
Mieux vaut utiliser des méthodes naturelles. Pour parfumer l'air, vous pouvez écraser de la lavande fraîche, du thym et de la mélisse dans des bols que vous disposez à différents endroits. Les odeurs de cuisine disparaissent aussi en faisant brûler des bâtonnets de cannelle dans un peu d'eau.
Un charme destructeur
Pratiques et élégantes, les lampes Berger ne camouflent pas les odeurs, elles les enrayent tout en parfumant l'air. " Grâce à un processus d'évaporation de l'alcool par catalyse, il suffit de vingt minutes pour que 68 % des bactéries, de la moisissure et des germes présents dans l'air soient détruits ", explique Lyse Johnson, adjointe à la direction chez Lampe Berger Canada. Objets de prestige et de collection, les lampes Berger ont été conçues il y a plus de 100 ans par l'apothicaire Maurice Berger (www.lampeberger.ca).
Allez, viens le vent !
Été comme hiver, ouvrez grandes les fenêtres et faites entrer l'air frais. Elizabeth Smith recommande d'aérer la maison environ une heure par jour. " Faites-le tôt le matin ou tard le soir, car la pollution est plus importante lors des grandes chaleurs. Comme les enfants, sortez dehors prendre l'air. Oxygénez-vous ! " D'après Jean-Claude Trudel, président de la firme Air-Labs, l'air de l'extérieur est chargé d'ions négatifs, apportant énergie et bien-être à l'organisme. L'aération permet d'introduite ces particules bienfaisantes à l'intérieur et d'en bénéficier. " Malheureusement les ions négatifs se détruisent rapidement dans l'air ambiant. Il faut donc les reproduire à l'aide d'équipements spécialisés comme les purificateurs d'air ", croit Jean-Claude Trudel.
Des plantes à l'assaut
" Les plantes sont les nettoyeurs les plus puissants de la planète ", affirme Larry Hodgson , jardinier, chroniqueur horticole et auteur. Les plus performantes sont celles qui poussent vite, telles que la plante-araignée, le dracéna et les fougères. Toutefois, peu importe la plante choisie, plus il y a de plantes dans la maison, plus l'air est humide, et moins on y trouve de substances toxiques. L'idée ne date pas d'hier : en 1989 un chercheur de la NASA avait évoqué le pouvoir de filtration des polluants de l'air intérieur par les plantes. Enfin, il semblerait qu'une pièce démunie de plantes contienne environ 60 % plus de spores et de bactéries qu'une pièce garnie de végétaux.
Purifier : la façon intelligente
Les personnes souffrant d'asthme et d'allergies peuvent difficilement se permettent d'aérer tout en empêchant le pollen de pénétrer dans leur logis. Face à un tel dilemme, les purificateurs d'air sont d'un grand secours. Malgré leurs grandes promesses, ces appareils ne sont pas tous très efficaces. Voici quelques critères à évaluer avant de passer à la caisse.
- Plusieurs appareils présentent sur leur emballage le signe de l'Association of Home Appliance Manufacturers (AHAM). Cet organisme américain procède chaque année à des tests d'efficacité. Elle conseille les consommateurs en fonction de la taille de la pièce. Elle évalue le taux d'émission d'air purifié grâce aux trois valeurs du CADR (Clean Air Delivery Rate).
- Choisissez les appareils munis d'un filtre HEPA (High Efficiency Particulate Air Filter). Ce dispositif garde les particules à l'intérieur du purificateur et ne les rejette pas dans l'air.
- Évitez les purificateurs d'air qui produisent de l'ozone. Santé Canada ne recommande pas leur usage. Elle rappelle que l'ozone est un composant du smog urbain. Ce gaz irritant peut provoquer des problèmes respiratoires. En cas de doute, vérifiez si l'appareil est certifié par l'Association canadienne de normalisation (CSA).
- Les petits modèles ne sont pas assez efficaces. Il est recommandé de prévoir une centaine de dollars pour dénicher un appareil qui en vaille la peine. " Il ne faut pas avoir peur d'investir, car les purificateurs bon marché ne filtrent que les plus grosses particules, croit Jean-Claude Trudel. Les particules les plus fines s'infiltrent plus profondément dans les poumons. "
- Les appareils les plus sophistiqués proposent des atouts intéressants. D'après Jean-Claude Trudel, les meilleurs modèles filtrent l'air et produisent des ions négatifs. La compagnie Sharp propose le Plasmacluster, équipé d'un filtre HEPA, d'un filtre au charbon activé et d'un antibactérien. En plus d'assainir l'air, l'appareil diffuse des ions positifs et négatifs.
- Assurez-vous de positionner le dispositif de façon stratégique. Ne bloquez pas l'entrée et la sortie d'air. Les purificateurs sont moins performants s'ils sont placés dans une pièce ouverte.
- Vous avez investi dans un appareil ? Chérissez-le comme il se doit en changeant le filtre régulièrement. S'il est trop chargé, l'air sera encrassé et il émettra du bruit. Certains fabricants proposent un témoin lumineux, qui mesure le niveau de pollution de l'air et avertit l'utilisateur lorsque le changement de filtre est nécessaire.
- N'oubliez pas que les purificateurs ne suffisent pas à eux seuls. " Avant toute chose, il est nécessaire d'aérer, affirme Élizabeth Smith. Le purificateur d'air est une solution de dernier recours. "
Sources
L'Association pulmonaire, www.poumon.ca
Santé Canada, www.hc-sc.gc.ca
Association of Home Appliance Manufacturers, www.aham.org
Lectures
Dan Phillips, Une maison saine et naturelle, Dessain et Tolta, 2001, 192 pages
Lionelle Nugon-Baudon, Maisons toxiques, Flammarion, 1999, 315 pages


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