Rencontre avec Geneviève Rochette
Le 12 mai 2008 - 20:32
|
|
Copier/Coller le code suivant à l'endroit voulu
|
|
[Fermer]
|
|
La femme derrière le personnage…
Nous la connaissons bien pour l'avoir vue au petit écran, entre autres dans Au nom du père, Omertà, Réseaux, Virginie et plus récemment dans La Galère. Femme aux multiples talents, Geneviève Rochette est aussi scénariste, auteure et humoriste. Débordante d'énergie et de projets, elle doit faire preuve d'organisation et de rigueur pour concilier travail et famille. En ce mois de la fête des Mères, elle a accepté de partager avec nous sa vision de la maternité et ses réflexions en matière de famille reconstituée.
par Hélène Bélanger
Quel est le profil de votre petite famille?
J'ai une fille de 13 ans qui s'appelle Kim. Je ne suis plus avec son père depuis plusieurs années déjà, mais nous sommes restés en très bons termes. Kim vit en garde partagée. J'ai refait ma vie avec un autre homme il y a maintenant plus de six ans. Lui aussi, il a une petite fille. Elle s'appelle Clara et elle a 6 ans. Puis, nous avons eu un enfant ensemble, Victor qui a 3 ans. Le tout forme une jolie famille reconstituée où tout le monde a sa place!
Avez-vous eu de la difficulté à arrimer vos deux familles?
Ça s'est fait dans la douceur. Lorsqu'on choisit de former un couple avec un partenaire qui a déjà des enfants, il faut accepter que la famille vienne avec, sinon les conflits sont inévitables. Les liens qui nous unissent à nos enfants sont tellement forts qu'il faut que le nouveau conjoint les accepte véritablement et profondément. C'est la clé du succès, à mon avis. Plus encore, je pense que, lorsque c'est possible, il faut chercher à développer des relations harmonieuses avec l'autre parent biologique de l'enfant, c'est-à-dire, l'ex de notre partenaire.
Vous y arrivez?
Oui. J'ai une relation cordiale avec la mère de Clara (la fille de mon conjoint). Il arrive qu'elle passe à la maison avec la petite pour prendre un café et même pour manger avec nous. Je ne la perçois pas comme l'ex de mon chum, mais comme la mère de Clara. Quand on le voit comme ça, ça aide à s'ouvrir. Ça prend une bonne dose de souplesse et de maturité, mais on a tout à gagner à faire cela. C'est le bien-être de nos enfants qui en dépend. Il faut se rappeler qu'ils sont les premières victimes de nos " chicanes " d'adultes.
Est-il possible d'être égal avec tous les enfants d'une famille reconstituée, d'agir de la même façon avec nos propres enfants et ceux de notre conjoint?
Honnêtement, je pense que c'est difficile. En tant que parent, nous avons un attachement profond pour nos enfants et une responsabilité de tous les instants. L'attachement n'a rien à voir avec le fait que l'enfant soit de notre chair ou non. Tout est dans la responsabilité que l'on a envers lui. Les parents qui adoptent un enfant peuvent assurément vivre cet amour inconditionnel pour leur enfant adoptif. C'est très fort comme sentiment. Souvent, dans le cas d'une famille reconstituée, le nouveau conjoint n'a pas cette place parce que notre enfant a déjà sa mère et son père, et il faut respecter ça.
Dans ce cas, quelle est la place du nouveau conjoint dans l'éducation de nos enfants?
Peut-il s'imposer et avoir un rapport d'autorité avec eux?
C'est une question délicate. Ce point est une source de conflit chez nous. Pour tout dire, c'est ce que je gère le moins bien dans ma vie actuellement. Il m'arrive de me sentir prise entre l'arbre et l'écorce... Dans ce temps-là, je me sens impuissante. Ce qui me rassure, c'est que je constate que c'est comme ça pour tout le monde qui vit en famille reconstituée. Ce n'est pas toujours facile de gérer tous ces ego! Je crois qu'il n'y a pas de recette magique, chaque famille doit trouver sa façon d'atteindre l'harmonie. Si c'est trop laborieux, il ne faut pas hésiter à aller chercher de l'aide auprès d'un professionnel.
Vous l'avez fait?
Non, mais il n'y a pas de honte à consulter pour atteindre un mieux-être. Les familles reconstituées de nos jours sont d'une telle complexité! Certains parents d'aujourd'hui ont grandi en famille recomposée. Leur expérience leur permet de tenter de ne pas reproduire les mêmes erreurs. Mais tout est encore à essayer, à définir, à découvrir. Si tout le monde a de la bonne volonté, les conflits sont passagers et probablement nécessaires pour que tout le monde trouve sa place. Je pense qu'en mettant un peu d'eau dans son vin, on peut y arriver. Il faut s'ajuster régulièrement, mais ce qui est beau dans tout ça, c'est que la vie continue, et on ne s'arrêtera pas de faire des enfants pour autant.
Qu'est-ce qui vous comble le plus dans le fait d'être mère?
De voir évoluer mes enfants et d'être surprise par eux tous les jours.
Qu'est-ce que vous trouvez le plus difficile à assumer dans le fait d'être mère?
La discipline! Je trouve ça laborieux. Le problème, c'est qu'il faut être constant parce que dès qu'on relâche, on le paie cher! Parfois, je trouve ça lourd.
Quelle valeur souhaitez-vous transmettre à vos enfants?
De prendre soin des relations qu'ils développent avec les autres. De belles amitiés, ça enrichit tellement la vie.
Vous êtes une femme active, quel est votre secret pour garder la forme?
J'essaie de nager trois fois par semaine et je fais attention à ce que je mange. D'ailleurs à ce titre, j'ai un amoureux qui fait la cuisine comme un chef! Nous mangeons très bien à la maison.
Quel est votre meilleur moyen de combattre le stress?
Le sport et l'écriture automatique. C'est un rituel qui se fait le matin, au réveil. Le but est d'écrire sans censure ni contrôle tout ce qui nous passe par la tête. C'est une forme de méditation qui nettoie l'esprit.
Avez-vous peur de vieillir?
Oui... Je viens tout juste de découvrir que je fais de l'arthrose. J'ai eu un choc. Je termine ma trentaine bientôt et j'ai réalisé que j'entreprends la deuxième moitié de ma vie. Ça ne m'enchante pas particulièrement, mais a-t-on le choix? De toute façon, comme dit mon amie Mireille : " L'âge n'a de l'importance que lorsque l'on est un vin ou un fromage! "


|