Entre ciel et terre
Le 29 mai 2008 - 15:28
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Pour faire une randonnée en forêt, des pantalons confortables et des chaussures de marche suffisent. Ajoutez à votre panoplie un harnais, des mousquetons et une poulie, et vous êtes paré pour une séance d'hébertisme aérien.
Cette activité consiste à s'amuser dans les arbres, à 5, 10 voire 20 mètres au-dessus du sol, sanglé en toute sécurité dans un baudrier rattaché à une ligne de vie. Des stations de jeux, de niveaux de difficulté variables, pimentent le parcours : cordes dignes des lianes de Tarzan, ponts suspendus et tyroliennes vertigineuses... Pour vous rendre au bout du circuit, vous devrez démontrer de la souplesse, de l'équilibre, un minimum de force et, surtout, de l'endurance, car l'activité dure environ trois heures. Au sol, des guides sont là pour vous aider à traverser un passage difficile ou à redescendre si la fatigue ou le vertige vous assaille.
Les hauteurs peuvent en effet impressionner. Sandrine, une coiffeuse pleine d'énergie de Chicoutimi, a accompagné la classe de son fils de neuf ans au sommet des arbres de Saint-Fulgence : « J'ai facilement le vertige, je n'étais donc pas très rassurée, mais la petite formation reçue au départ m'a détendue et j'ai fait le parcours jusqu'au bout », se félicite la jeune femme, déjà prête à recommencer.
L'hébertisme aérien, importé d'Europe, est maintenant bien enraciné au Québec. Les premiers parcs ont ouvert au Saguenay au printemps 2002. L'engouement a été immédiat. Aujourd'hui, les quelques vingt sites de la province ont atteint leur rythme de croisière, attirant chacun environ 15 000 visiteurs par année.
Du plaisir de 7 à 77 ans
La popularité de l'hébertisme aérien tient au fait que, malgré ses allures extrêmes, l'activité est accessible à tous. « En rafting, tout le monde partage la même expérience, tandis que sur les parcours aériens, on peut choisir quoi faire et quand s'arrêter. Tout le monde y trouve son compte », estime Pierre Gaudrault, directeur général de l'association Aventure Écotourisme Québec. La plupart des sites proposent des parcours d'initiation pour enfants, à partir de 5 ou 7 ans. Leurs grands-parents en forme sont aussi bienvenus. « Notre participant le plus âgé avait 77 ans », affirme Sandrine Grenier, du réseau de parcs Arbraska.
Pour Julien, un jeune informaticien de Gatineau, l'hébertisme aérien est un plaisir qui se partage entre amis. Il a fait une première sortie par l'entremise de son comité d'entreprise, puis il y est retourné avec des copains : « Ce qui plaît dans cette activité, c'est d'être dehors, entre amis, dans des situations incongrues. La plupart du temps, on a la tête dans les feuilles, mais au moment des tyroliennes, la vue est dégagée et superbe. »
La plupart des parcs veulent conserver cette vocation familiale et récréative, sans négliger la demande pour des défis plus intenses. Le parc Aventures Cap Jaseux ouvrira en juillet un parcours extrême. Avec une vingtaine de stations, le parcours sera plus long que la moyenne et, dans certains passages, la ligne de vie qui assure les participants sera interrompue : les chutes seront de vraies chutes, heureusement amorties par des filets installés sous les arbres.
JULIE CAILLIAU


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