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Jane Goodall. Une vie consacrée aux chimpanzés
Le 8 mai 2009 - 10:13
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Si la vie des chimpanzés est aujourd'hui respectée sur le territoire africain, c'est grâce aux efforts incessants de la primatologue Jane Goodall pour permettre la survie de cette espèce animale. Elle a consacré toutes ses recherches sur le mode de vie de ces primates en vivant auprès d'eux comme si elle était des leurs. Aujourd'hui, à 75 ans, elle est littéralement l'ambassadrice des chimpanzés, qu'elle fait découvrir aux gens lors de conférences à travers le monde tout en leur apprenant à respecter l'écosystème dans lequel ils vivent.
Née à Londres, en Angleterre, en 1934, Jane Goodall rêvait de visiter l'Afrique et d'y vivre en pleine nature afin de se rapprocher des animaux. En 1957, toujours passionnée par la faune et la végétation africaines, elle fut invitée au Kenya par une amie. Elle y fit la connaissance de l'anthropologue et paléontologue Dr Louis Leakey, dont la réputation pour ses recherches sur les chimpanzés n'était plus à faire. Une tournure d'événement se produisit alors : le célèbre chercheur lui offrit un emploi d'assistante en recherche sur les rives du lac Tanganyika, en Tanzanie. Même si Jane n'avait aucune expérience scientifique, il vit en elle la personne idéale pour cette étude sur les chimpanzés.
Vivre aux côtés des primates
En 1960, Jane Goodall, le cœur léger, débarque au parc national de Gombe, en Tanzanie, pour faire la plus grande étude jamais réalisée sur le terrain avec une colonie de chimpanzés sauvages. Les débuts sont difficiles : les primates ne lui laissent aucune chance de les observer et fuient au moindre effort de Jane d'établir un contact. À force de persévérer, elle obtient leur confiance et les singes finissent par la laisser s'approcher pour finalement lui porter une attention « amicale ». Cette étude, qui durera plusieurs décennies, lui permettra de mettre en perspective les liens possibles entre les animaux et les humains, et cela, dans leur propre habitat naturel.
Découvertes surprenantes
Selon ses interprétations, Jane Goodall découvre des phénomènes surprenants : par exemple, des liens peuvent être établis au sein d'une même famille de chimpanzés, et des émotions peuvent être ressenties au sein du groupe. Elle parlera même pour la première fois de « personnalité » chez ces individus. Sur un autre plan, elle observe que les chimpanzés, que tout le monde croit végétariens, chassent en réalité et mangent aussi leurs proies.
Étonnamment, non seulement ils ont des habiletés à apprendre et à transmettre un certain langage à l'aide de signes, mais ils sont capables de fabriquer des outils. Avec ses observations, Jane Goodall révolutionnera en quelque sorte le monde scientifique. On la verra en première page du National Geographic. Cinq ans après le début de ses recherches, Jane Goodall complètera son doctorat en éthologie à l'Université de Cambridge.
Un institut qui porte son nom
Pour donner suite à ses recherches, Jane Goodall mit sur pied, en 1964, le Centre de recherche Gombe Stream, en Afrique, et en 1977, elle fonda l'Institut Jane Goodall pour la recherche et pour la préservation de la faune. Grâce à ceux-ci, de nombreux sanctuaires au Kenya, en Ouganda, en République du Congo et en Afrique du Sud permettent aux chimpanzés d'être à l'abri du braconnage et de la chasse. Malgré tous leurs efforts, le chimpanzé est cependant classé parmi les animaux en voie d'extinction sur tout le continent africain. Selon les dernières données, il reste environ 150 000 individus seulement.
Une marraine de cœur
Toujours admirée pour son travail extraordinaire et sa dévotion envers les chimpanzés, Jane Goodall a reçu une dizaine de titres honorifiques au fil des ans. Elle a été nommée récemment la marraine de « l'Année du gorille 2009 », par le prince Albert II, de Monaco. Cette vaste campagne permettra « de donner un avenir à ce proche cousin de l'homme », a déclaré Jane Goodall lors de la cérémonie officielle de cet événement. •
Un sanctuaire de chimpanzés au Québec
Alors qu'il y a une centaine de sanctuaires au Canada pour les chimpanzés victimes d'abus physiques et psychologiques dans les laboratoires, le site de la Fondation Fauna, au Québec, est le seul en son genre.
On doit son existence à Gloria Grow et à son mari, le vétérinaire Richard Allen. En 1997, ils prirent sous leur aile quinze chimpanzés, provenant de laboratoires américains, qui avaient servi de cobayes en recherche biomédicale. Ces pauvres bêtes avaient été confinées à une petite cage en acier toute leur vie, et on leur avait infligé les pires atrocités, allant de centaines de biopsies du foie, et d'autres organes, à l'injection de multiples vaccins (polio, tétanos, rougeole), sans compter l'inoculation dans leur organisme de l'hépatite C et du VIH. Victimes de négligence et de mauvais traitements, ces primates avaient développé des comportements autodestructeurs par des gestes de mutilation sans pareils.
Au sanctuaire de la Fondation Fauna, une grande terre de plusieurs acres à Carignan, sur la rive sud de Montréal, les dix chimpanzés encore vivants ont retrouvé une vie paisible, après des années de réhabilitation difficile. Ils sont moins craintifs, plus sereins et ont à nouveau des gestes de tendresse envers les humains.
On peut faire un don pour aider cette fondation à but non lucratif afin qu'elle continue d'apporter les soins nécessaires à tous les animaux qui y vivent (en plus des chimpanzés) et d'espérer pour eux une belle retraite.
www.fondationfauna.org
PAR LOUISE MOREAU


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