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PUBLIÉ DANS MIEUX-ÊTRE

Voir plus clair à l'intérieur de nous
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À travers son livre La Sagesse des larmes – Juste assez de psy pour s'en sortir, elle veut nous interpeler sur l'importance de s'identifier aux archétypes maternel et paternel. Lors de sa visite à Montréal, MIEUX-ÊTRE a rencontré cette auteure dynamique et engagée, qui se livre avec finesse, délicatesse et grande ouverture d'esprit, en voulant éveiller à notre conscience la nécessité d'écouter notre voix intérieure. « Soyez conscient de ce qui se passe, c'est vous qui menez votre barque », dira-t-elle avec assurance.

Madame Paris, pourquoi avez-vous écrit ce livre ?
Parce que je me rebute contre certains livres de psychologie populaire, qui nous vendent des solutions toutes simples pour régler nos problèmes. Surtout lorsqu'on vous donne des recettes magiques et des étapes faciles à suivre, en vous disant faites ceci, faites cela et vous aurez des relations parfaites avec votre conjoint et votre entourage, et vous guérirez tous vos malaises. J'inclus dans ça aussi tous les livres extrêmes qui mettent l'accent sur l'aspect positif, en disant aux gens de demander à la vie d'obtenir le succès, l'argent et l'amour, et que le simple fait de le demander, ça se produise. Ce n'est pas la bonne nourriture pour la psyché, c'est même dangereux ! J'ai vu beaucoup de gens, dans ma pratique, déséquilibrés. par ce type d'approche. Ce qui les empêche de fonctionner, en réalité, ce n'est pas le manque d'images et de désirs positifs, mais plutôt leur voix intérieure.

Pourquoi, avez-vous intitulé votre livre La sagesse des larmes ?
Parce que les larmes sont le contraire de la dépression. Les êtres déprimés ne pleurent plus, leurs larmes sont pour ainsi dire gelées. Au lieu de pleurer, ils deviennent de plus en plus rigides et froids. Pleurer, à condition que ne soit pas une manière de manipuler l'autre ni de lui communiquer le message « je souffre », est une libération de l'émotion. Ce que j'essaie de véhiculer est que lorsque l'on est brisé, que l'on se sent mal aimé, abandonné, que l'on n'a pas reçu l'amour et l'attention que les autres ont reçus, si l'enfant en nous est humilié, il faut chercher dans notre voix intérieure les réponses.

Que voulez-vous dire par Juste assez de psy pour s'en sortir ?
C'est une manière d'ouvrir aux perspectives d'une vraie forme de travail psychologique, et non d'une psychanalyse échelonnée sur dix ans. C'est en quelque sorte une introduction à la psychologie des profondeurs, ponctuée de nombreux exemples et de manières de dire. C'est comme une façon de regarder les souffrances psychologiques tout en donnant des idées. Bref, une façon d'éviter l'attrape des thérapies qui n'en finissent plus et qui vous gardent dans la prison émotive de la position de victime. L'un des principes essentiels de la psychologie des profondeurs est l'approche qui tient compte de l'inconscient. Si l'on évolue dans la vie, ce n'est pas uniquement parce que l'on est guidé par des aspects positifs, mais bien par le fait de s'interroger : qu'est-ce qui nous fait souffrir ? Qu'est-ce qui nous bloque ? Qu'est-ce qui nous entraîne vers le bas ?

Vous parlez d'archétype maternel et d'archétype paternel, pourquoi sont-ils si importants dans la vie des individus ?
Les deux grands principes universels sur lesquels l'humanité est basée sont le principe maternel, qui représente le réconfort, la compassion, la compréhension, et le principe paternel, qui se traduit par la loi, l'ordre et l'autorité. Pour être équilibré, l'être humain doit absolument rencontrer l'énergie maternelle et paternelle tout au long de sa vie et même quand il est adulte.
Parfois même l'inverse se produit : le père est maternel et la mère est autoritaire. Dans un tel cas, ça ne pose aucun problème, puisque l'archétype traditionnel est représenté quand même.
Cet être qui a reçu les deux n'aura pas à chercher toute sa vie à combler le vide. Le problème survient lorsque la mère ou le père, ou les deux, n'ont pas été présents dans l'enfance.

Si l'enfant ne reçoit pas ces deux types d'énergie parentale, que se passera-t-il ?
Pour qu'un enfant s'intègre bien dans la société, les deux archétypes doivent être présents dans sa vie. Cependant, ce n'est pas nécessairement sa propre mère ou son propre père qui va lui donner ce qu'il faut pour devenir un adulte et vivre pleinement. En fait, le père ne doit pas nécessairement être le père biologique, mais celui qui donne le principe paternel. On peut très bien trouver les mêmes qualités chez un professeur, un oncle ou un ami de la famille. C'est pourquoi, il faut apprendre à reconnaître les qualités maternelles et paternelles chez les gens que l‘on rencontre.
La grande question est : comment trouver dans un milieu qui est le nôtre des idées et des personnes qui nous supportent et qui nous donnent le goût de vivre sans dépendre nécessairement de quelqu'un. C'est en apprenant à décoder tout ça que l'on commencera à voir surgir des réponses. En passant par la voix intérieure, on en apprend beaucoup. Par exemple, reconnaître les gens de notre entourage qui sont toxiques pour nous, ceux qui nous épuisent, nous siphonnent et, par opposition, ceux qui nous font du bien et nous comprennent. Une fois que l'on sait ce que l'on cherche, on a plus de chance de trouver.

Dans votre pratique, quelle est la situation que vous rencontrez le plus souvent en thérapie de couple ?
Les femmes qui ont une attitude trop maternelle envers leur mari, alors qu'elles en prennent soin comme si c'était leur enfant. Cette manière d'être de la part de ces femmes envers leur époux est tout à fait inconsciente. Si l'on n'éveille pas la conscience des gens à ce phénomène possible, c'est voué à l'échec. En réalité, si ces femmes font ça, c'est parce qu'elles offrent ce qu'elles n'ont pas reçu. En amenant cet état à la conscience, la femme pourra améliorer son comportement. D'être plus conscient de ce qui se passe au niveau inconscient, ça fait moins de dégâts.

Si rien n'est tenté pour changer cette attitude, est-ce que cela peut avoir des répercussions graves sur la vie de couple ?
Oui, ça peut même détruire la sexualité. On ne couche pas avec sa mère ! Ne réalisant pas ce qui se passe, il est certain que le mari ne dira pas : « Je suis tanné que tu joues à la mère avec moi », il va plutôt s'en aller. Il cherchera alors une conjointe qui a des qualités de femme et non celles d'une mère. Juste le fait de savoir ça, ça peut aider un couple. D'où la nécessité d'en être conscient, sinon la relation deviendra tellement lourde.

Vous parlez beaucoup du rôle de la mère ; quels dangers guettent la femme trop maternelle envers ses enfants ?
La mère qui n'est que servante pour ses enfants, et qui leur en donne trop, leur cause du tort. La mère soumise comprend son rôle comme un sacrifice malsain de son identité. Les femmes trop maternelles doivent comprendre que, de cette manière, elles se dirigent vers l'épuisement de leurs forces émotives. De plus, elles n'aident pas vraiment ceux qu'elles croient aider, car leur sollicitude maternelle accentue la dépendance de ceux qu'elles couvent.

PAR LOUISE MOREAU




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