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PUBLIÉ DANS MIEUX-ÊTRE

Les maladies qui guettent l'homme
Rédaction
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PAR LOUISE MOREAU

Selon le Dr George Honos, chef du service de cardiologie au CHUM, les maladies cardiaques sont responsables de la majorité des décès chez les hommes au Canada. Quatre hommes sur dix vont décéder d'une crise cardiaque ou des séquelles d'une crise cardiaque. « 95 % des hommes qui font une crise cardiaque vont survivre et devenir coronarien à vie », précise le spécialiste. « Ce chiffre encourageant est élevé grâce aux efforts des multiples organismes, dont la Fondation des maladies du cœur, qui permettent à notre société d'être mieux informée des symptômes possibles d'une crise cardiaque. Les gens reconnaissent maintenant qu'un malaise à la poitrine qui persiste, surtout accompagné d'essoufflement ou de nausée, est un signe possible d'une crise cardiaque. Heureusement, les hommes savent qu'ils sont à risque. Quand on parle d'une douleur entre le nez et le nombril, ils ont une idée que ça peut être un problème cardiaque », atteste le Dr Honos.

Des signes avant-coureurs

Pour reconnaître une crise cardiaque, on peut noter certains malaises : une douleur, par exemple à la poitrine, comme un étau qui se resserre ou une sensation de brûlure alors que la personne est au repos, c'est le premier signe d'un problème au cœur, surtout si la douleur persiste au-delà de quinze à vingt minutes. Ce mal peut se répandre vers le cou, l'épaule ou la mâchoire. La douleur thoracique d'une crise cardiaque peut s'irradier également vers le dos et le bras gauche. « Quand on se présente rapidement à un service d'urgence, les chances de survie sont très grandes. Ces patients passent toujours en priorité dans les minutes qui suivent leur arrivée. On peut alors examiner le patient, lui faire passer un électrocardiogramme, ou une angiographie au besoin, ouvrir l'artère et ainsi réduire la quantité de muscles endommagés, et tout ça, dans l'heure qui suit. »

Le tabagisme et le cœur

La cigarette contient des produits chimiques qui font contracter les artères et augmentent ainsi les chances de symptômes d'angine de poitrine et les AVC (accidents vasculaires cérébraux). « Un fumeur a une durée de vie écourtée de sept ou huit ans par rapport à un non-fumeur », affirme le cardiologue.

« La bonne nouvelle, explique le Dr Honos, est qu'à la minute où l'on cesse de fumer ou même d'être exposé à la fumée secondaire, les risques diminuent. »

Un ennemi silencieux

Le Dr Honos tient à souligner que l'hypertension est, de loin, le tueur le plus silencieux. « Ça affecte un homme sur cinq à partir de 21 ans, dit-il. À partir de 65 ans, c'est un homme sur deux. » D'où l'importance de faire prendre sa pression régulièrement. « Ça doit se faire absolument au repos, sans stress et quand on se sent en forme. Il est recommandé d'être en dessous de 135 mmHg systolique. » Si on le désire, on peut se procurer à la pharmacie un tensiomètre pour mesurer sa pression à domicile. « Dans ce cas, on rejette la première mesure et on prend la deuxième. »
Selon le Dr Honos, il est très important de se prendre en main et d'avoir un médecin de famille. « Il y a du dépistage à faire, surtout pour les hommes à risque, c'est-à-dire si, dans la famille, il y a un parent, un frère ou une sœur qui ont souffert d'une maladie cardiovasculaire avant l'âge de 65 ans, car alors les risques doublent. À partir de l'âge de 35 ans, il est important de faire vérifier sa pression artérielle, son taux de sucre et son cholestérol. Comme l'embonpoint est aussi un phénomène épidémique, c'est donc à surveiller. » Toutes ces conditions peuvent entraîner des facteurs de risque pour les maladies cardiaques.
Les cancers les plus fréquents chez l'homme

Le cancer du poumon

Il faut savoir que le tabac est responsable de 30 % de tous les cancers. Néanmoins, le cancer du poumon est le plus meurtrier des cancers au Canada. Quatre fois plus d'hommes meurent du cancer du poumon que du cancer de la prostate. Cependant, la science fait des progrès. « Après avoir été diagnostiqué d'un cancer du poumon, relate André Beaulieu, porte-parole de la Société canadienne du cancer, une personne a 13 % de chances de survivre après cinq ans. »

Bonne nouvelle : l'incidence et les taux de mortalité du cancer du poumon sont en baisse depuis le milieu des années 80 et continuent de décliner depuis.

Le tabagisme est responsable d'environ 85 % des cas de cancer du poumon. « D'où l'importance d'arrêter de fumer », précise André Beaulieu. Pour ceux qui le désirent, le gouvernement offre gratuitement le service Téléassistance pour fumeurs (ligne J'Arrête. au Québec).

Le cancer colorectal

Après le cancer du poumon, le cancer colorectal est le deuxième à faire des victimes chez les hommes. Par contre, ce cancer tend à diminuer depuis quelques années, autant chez les hommes que chez les femmes. « Le test de dépistage de recherche de sang occulte dans les selles peut être fait par les gens eux-mêmes à tous les deux ans », confirme André Beaulieu.

Le cancer de la prostate

Le cancer de la prostate est le cancer le plus sournois chez l'homme. Les risques d'en être atteint sont de l'ordre d'un homme sur sept et ce, au cours de sa vie. Entre 1995 et 2004, les taux de mortalité pour le cancer de la prostate ont connu un déclin important. « Après avoir été diagnostiqué pour un cancer de la prostate, un homme a 95 % de chances de survie après cinq ans », affirme André Beaulieu.

André Beaulieu spécifie que de 50 à 74 ans, les hommes sont principalement à risque. « D'où l'importance de subir un examen à tous les deux ans. Consulter un spécialiste n'est pas nécessaire; un omnipraticien peut faire l'évaluation. Deux solutions de dépistage sont possibles : le toucher rectal et les tests sanguins. Si le médecin décide d'investiguer, il y a le test de l'APS (antigène prostatique spécifique) qui mesure l'activité hormonale de la prostate. »

« Il y a de l'espoir », atteste André Beaulieu. « Au moins 50 % de tous les cancers pourraient être évités en adoptant de saines habitudes de vie. » •



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