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Bien qu'il soit encore tabou, ce phénomène n'est pas rare, quand on sait qu’un tiers des femmes de 35 à 40 ans connaîtront un problème d'infertilité et qu'après 40 ans, une sur deux y sera confrontée.Par Claudia Larochelle
À l’âge de 37 ans, Jeanne ne croyait pas faire partie des statistiques, jusqu'à ce qu’elle et son conjoint décident d'avoir un enfant. Au terme de deux ans de tentatives infructueuses et de divers traitements en fertilité, le couple vient tout juste de se tourner vers la fécondation in vitro (FIV). Reconnue comme le traitement le plus efficace pour lutter contre l'infertilité, la FIV consiste à reconstituer en laboratoire les premières étapes de la grossesse.
Au cours d'une FIV, les traitements hormonaux stimulent les ovaires pour qu'ils produisent des ovules qui seront ensuite prélevés à l'aide d'un tube flexible étroit guidé par échographie. Une dizaine d'ovocytes peuvent ainsi voir le jour. Ceux-ci sont associés aux spermatozoïdes de l'homme dans une boîte de Petri, en laboratoire. Un seul spermatozoïde peut aussi être injecté dans chacun des ovocytes. Après la fécondation, les embryons sains sont sélectionnés puis implantés dans l'utérus à l’aide d’un tube étroit introduit dans le vagin et dans le col de l'utérus (Avoir un enfant après 35 ans, Laura Goetzl, Hurtubise HMH, 2006.) Selon Caroline Amireault, de l'Association des couples infertiles du Québec, environ 1 500 FIV sont réalisées chaque année dans l’une des cinq cliniques provinciales pratiquant ces interventions, dont la plus connue s'appelle Procrea.
« Nous en sommes là. Si ça ne fonctionne pas, on se tournera vers l'adoption. Je veux qu'on ait d’abord tout tenté. Juste le fait de voir des femmes enceintes me rend folle, j'en fais une véritable obsession, exprime l'enseignante qui soufflera bientôt sur ses quarante chandelles. »
Toujours selon Madame Amireault, la détresse des couples qui tentent par tous les moyens d'avoir un enfant est immense. « On ne peut pas imaginer à quel point ça peut devenir éprouvant psychologiquement, sans compter qu'il y a encore beaucoup de mythes et de tabous entourant l'infertilité, qu'on associe trop souvent à la sexualité, note l'avocate, qui a elle-même eu trois enfants par FIV. »
La maladie d'amourL'infertilité a été reconnue comme maladie par l'Association des obstétriciens et des gynécologues du Québec en 1993. Elle toucherait un couple sur huit en Amérique du Nord. Pour les femmes âgées de 35 à 40 ans, la plupart des médecins testent la fertilité et les traitements débutent après six mois de tentatives naturelles infructueuses. Chez les femmes de plus de 40 ans, la fertilité peut être testée dès le début.
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