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PUBLIÉ DANS MIEUX-ÊTRE

Les nouveaux visages de l'école de demain
Rédaction
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« Ça va vite. L'école se transforme. Depuis une dizaine d'années, les changements sont encore plus marqués et ce n'est pas juste au Québec. Un peu partout, les réformes, les méthodes d'enseignements, les relations entre les jeunes ou encore les rapports entre les enseignants et les parents ont beaucoup changé, déclare Gérald Boutin, professeur au Département d'éducation et formation spécialisées de l'UQAM. »

Le monde sous un même toit

Dans certaines écoles, des jeunes issus de trente nationalités se côtoient tous les jours. C'est le cas de l'école Wilfrid-Bastien, à Saint-Léonard, une institution publique d'enseignement primaire de la Commission scolaire de la Pointe-de-l'Île. En 13 ans de métier dans le milieu de l'enseignement, Marie-Josée Hamel, la directrice adjointe de cette école, assure que ce mélange des cultures, à Montréal surtout, mais de plus en plus à l'extérieur aussi, ira en augmentant au fil des ans.

Marie-Josée Hamel souligne par ailleurs que la classe d'aujourd'hui est faite d'un mélange de couleurs, de traditions et d'accents qui rendent le quotidien excitant pour les jeunes. « C'est beau à voir. Ils s'entraident et se mêlent les uns aux autres, sans qu'il y ait de phénomène de gangs. Ils sont curieux de connaître les traditions des autres. Ces adultes de demain seront pas mal plus tolérants et ouverts sur le monde qu'on pourrait l'imaginer, explique-t-elle. »

Puisque l'école Wilfrid-Bastien présente des taux significatifs d'élèves issus de l'immigration et de groupes ethniques très diversifiés, sept classes d'accueil prennent en charge les nouveaux arrivants avant qu'ils puissent intégrer le programme régulier.

Apprendre son Québec

« Pour s'adapter à cette réalité, on enseigne de plus en plus l'ouverture sur le monde, souligne Gérald Boutin. Pour que l'intégration se passe bien, il ne faut tout de même pas perdre de vue l'enseignement de nos valeurs d'ici, pour que les jeunes Québécois soient fiers de leurs racines et de leur langue. En renforçant ces aspects, ils pourront partager cette fierté avec ceux qui viennent d'ailleurs. »

« À notre école, les enfants doivent parler français en tout temps, c'est un règlement du code de vie et on y tient mordicus. C'est d'ailleurs la norme un peu partout. Pour ceux qui arrivent et qui ne parlent pas encore français, des cours sont donnés dans leur langue d'origine, pour faciliter l'apprentissage des débuts, note Marie-Josée Hamel. » Au moment même où l'on se parle, madame Hamel reçoit dans son bureau une fillette d'origine latine. Quelques minutes plus tard, elle essaie de trouver un enseignant qui maîtrise l'espagnol, pour qu'il puisse parler au téléphone avec la maman de la petite. Rien de très original pour la directrice adjointe, qui a l'habitude de ce genre de circonstances.

« Les parents apprécient ce contact qu'on crée avec eux, poursuit-elle sur son ton enjoué. Ils sont ouverts et disposés à dialoguer, pour que leur enfant se sente à l'aise. Je ne vois pas souvent d'incompréhension, de fermeture ou d'animosité face à la différence de culture et de milieu scolaire. » Il faut dire que, pour le personnel enseignant, les défis ne manquent pas dans ces écoles pluriethniques.

Passer en quatrième vitesse

« Ce qui est assez nouveau, c'est que les universités préparent les futurs enseignants à faire face aux classes composées de nationalités diverses. Il faut développer des méthodes pour s'adapter à tout le monde, et, comme c'est très exigeant, il faut diminuer le nombre d'élèves par classe, affirme Gérald Boutin. »

Ce dernier ajoute qu'autour de 2040, par exemple, les matières enseignées resteront sensiblement les mêmes, avec des contenus allégés qui ne créeront pas une surcharge de travail pour l'élève et l'enseignant. « Plutôt que de mettre quatre auteurs au programme scolaire, on pourrait en avoir deux et allouer plus de temps à chaque jeune. Quant aux devoirs à la maison, ils vont perdurer. Les enquêtes démontrent d'ailleurs que les parents aiment voir leurs enfants à l'ouvrage, explique le professeur Boutin. »

La directrice adjointe Hamel ajoute pour sa part que les sujets enseignés s'élargissent et tendent à aller au-delà des matières scolaires classiques. « On enseigne aussi aux élèves à être de bons citoyens et à faire des choix éclairés quant à leur avenir. En ce sens, on valorise les formations professionnelles qui ont longtemps fait piètre figure dans l'opinion publique, mais qui sont de belles options pour ceux qui développent des compétences plus manuelles, précise-t-elle. »

Pour lire la suite de l'article, procurez-vous l'édition no42 Septembre/Octobre en kiosque jusqu'au 30 septembre.



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